Économie canadienne : les conservateurs ne répondent pas aux attentes

Économie canadienne : les conservateurs ne répondent pas aux attentes

(Anne Quach) – Il y a quelques semaines, le gouvernement de Stephen Harper a annoncé que le ministre québécois Denis Lebel allait sillonner le Québec afin de mener une opération de charme avec les électeurs. Je regrette de décevoir le député-ministre, mais c’est trop peu trop tard.

Comme tous les conservateurs, M. Lebel a fait de l’économie la pierre angulaire de sa campagne. Mais il est bien loin de gérer l’économie efficacement, comme il le prétend. Depuis 2006, son gouvernement multiplie les amputations de budgets importants et les démantèlements des programmes et services sur lesquels les Canadiens comptent, et au diable la bonne planification économique à long terme. Faisons un petit bilan.

Alors que l’endettement atteint de nouveaux sommets et que 1,3 million de Canadiens sont sans emploi, les conservateurs se servent de Kijiji pour inventer des statistiques et justifier l’accroissement du programme des travailleurs étrangers temporaires. Entre 2002 et 2012, le programme a explosé de plus de 235%, atteignant près de 500 000 travailleurs temporaires étrangers au Canada.

Ce programme est loin d’être inutile, mais il a été l’objet de nombreux abus qui ont ralenti la création d’emplois, réduit les salaires des travailleurs et ont mis les travailleurs étrangers temporaires dans des situations vulnérables. Tout ça sous l’oeil passif du gouvernement fédéral.

C’est pour ça que le NPD a sonné l’alarme ce printemps et, après des mois d’efforts soutenus, a réussi à forcer les conservateurs à réduire la portée du programme. Sans une meilleure collecte de données sur l’état des marchés du travail au Canada, une telle expansion du programme est injustifiable.

Mais ce problème ne représente qu’un volet de l’équation économique. Il y a deux ans maintenant, les conservateurs ont imposé leurs changements au programme de l’assurance-emploi qui ont eu des conséquences bien néfastes sur notre économie saisonnière et nos travailleurs. Alors que le nombre de demandes d’assurance-emploi est en hausse de 10%, des milliers de Canadiens de moins reçoivent des prestations, ce qui représente une baisse de 3% dans l’octroi des prestations.

Comment ça se fait? Eh bien, même si le taux de chômage demeure assez élevé depuis un an — au Québec, il est de 8.1% — les conservateurs continuent de restreindre l’accès à l’assurance-emploi à un creux historique. Selon un rapport récent de Statistiques Canada, moins de 4 chômeurs sur 10 sont maintenant admissibles à leurs prestations.

Lorsque je vais à la rencontre des citoyens de Beauharnois—Salaberry, j’entends souvent la même question: « Mais si les travailleurs québécois et canadiens cotisent à un programme qui ne leur vient pas en aide lorsqu’ils en ont besoin, où va notre argent? » Et chaque fois, mes concitoyens sont choqués par ma réponse.

La réalité c’est que, un après l’autre, les gouvernements libéraux et conservateurs ont détourné plus de 57 milliards de dollars de cotisations des travailleurs et des employeurs à d’autres fins que l’assurance-emploi.

C’est inadmissible qu’Ottawa puisse miner un programme aussi essentiel au bien-être des citoyens et de l’économie. C’est pourquoi le NPD s’est engagé à éliminer les réformes imposées par les conservateurs en plus de déposer un projet de loi visant à empêcher que les cotisations d’assurance-emploi soient utilisées à d’autres fins qu’au versement des prestations. (Je vous invite à signer notre pétition Protéger notre caisse de l’assurance-emploi à cet égard).

Et c’est inadmissible qu’un gouvernement fédéral laisse des industries au complet disparaître sans intervenir. Les mises à pied chez Bombardier ont été bien publicisées, mais elles ne représentent qu’une partie d’un plus gros phénomène troublant. Depuis que les conservateurs sont au pouvoir, quelque 100 000 emplois sont disparus dans le secteur manufacturier québécois. Pour cette année uniquement, on parle de 15 200 Québécois qui ont perdu leur emploi dans cette industrie névralgique.

Au NPD, nous croyons qu’il faut faire un effort concerté pour sauvegarder les emplois qui existent déjà au pays et pour créer les emplois de demain. Nous devons le faire en ayant recours aux opportunités fiscales, légales et commerciales que nous avons à notre disposition pour investir dans l’éducation, la formation et la recherche.

Malheureusement, les conservateurs semblent enlisés dans l’âge de pierre et préfèrent donner des cadeaux fiscaux aux banques et aux pétrolières plutôt que de développer de nouvelles opportunités et soutenir nos entreprises québécoises et canadiennes. Leurs décisions récentes d’abolir le crédit pour l’embauche visant les PME et d’aller de l’avant avec une implantation future du fractionnement du revenu témoignent de ce manque de vision. Dans les deux cas, les néo-démocrates se sont publiquement opposés à ces approches insensées.

Au NPD, nous croyons que notre avenir passe par une économie durable et diversifiée. Les États-Unis, le Danemark et la Norvège reconnaissent tous que l’énergie verte constitue une occasion sans précédent pour devenir un leader dans ce marché en pleine croissance. Il est temps que le Canada suive cette tendance avant qu’il ne soit trop tard.

Le nombre d’emplois créés dans le secteur des énergies renouvelables augmente de 18%, d’une année à l’autre. Et à travers le monde, l’investissement annuel dans l’énergie propre se situe à plus de 240 milliards de dollars, pour atteindre une valeur de 3 milliards d’ici 2020.

En tant que porte-parole adjointe de l’Opposition officielle en matière d’industrie, je pense qu’il est impératif que nous élargissions nos horizons. Je vais d’ailleurs animer en compagnie de mes collègues néo-démocrates François Choquette et Peter Julian un Forum sur l’énergie et l’industrie vertes le 3 octobre prochain au Parlement.

Qu’il s’agisse d’assurance-emploi, de recherche et de développement, d’aide aux petites entreprises, le NPD a quelque chose à offrir aux travailleurs et aux entreprises québécoises et canadiennes. Et rappelez-vous, environnement et développement peuvent et doivent aller de pair. Au NPD, c’est le défi que nous souhaitons relever.