Les scientifiques dénoncent les coupes

Un article de Paul Gaboury - Le Droit


En entrevue avec le journaliste Paul Gaboury, Le Droit

(en entrevue avec le journaliste Paul Gaboury, Le Droit)

Un long cortège funèbre organisé hier, sur l'heure du midi, dans les rues du centre-ville d'Ottawa a permis aux scientifiques de dénoncer "la mort de la preuve", résultat estiment-ils des compressions imposées par le gouvernement Harper à plusieurs programmes scientifiques à travers le pays.

   Quelques milliers de chercheurs, universitaires et scientifiques ont ainsi déambulé lentement au son d'une musique de circonstance du Centre des congrès d'Ottawa jusqu'à la Colline parlementaire, vêtus de leur sarrau blanc ou tout en noir, en guise de protestation contre les compressions imposées aux institutions scientifiques fédérales, de même que le musellement des chercheurs.

   "Jusqu'à tout récemment, la preuve scientifique jouait un rôle important pour guider nos leaders dans la prise de décisions. Mais cette voix s'est éteinte tragiquement après une série de compressions à plusieurs programmes scientifiques, de même que le musellement des scientifiques imposé par le gouvernement Harper", a fait valoir Katie Gibbs, organisatrice de cette marche funèbre et étudiante au doctorat à l'Université d'Ottawa.

   Plusieurs éminents scientifiques venant de partout au pays ont pris la parole devant la foule sur la colline parlementaire pour expliquer les conséquences des compressions sur les programmes scientifiques comme celui de la Région des lacs expérimentaux, de la Table ronde nationale sur l'environnement, ou même des changements récents à la Loi sur les pêches. Des décisions qui, selon eux, risquent d'avoir des conséquences désastreuses sur la santé et l'environnement.

   "De nier la preuve scientifique est vivre dans un monde de fantaisie. Les décentes décisions prises par le gouvernement fédéral suggèrent que notre État a peur de la preuve, et qu'il veut rester dans un monde de fantaisie. Pour le bien de la société, cette tendance doit être renversée" a déclaré le docteur Arne Moores, professeur de biodiversité à l'université Simon Fraseren Colombie-Britannique.

   Trois députées néo-démocrates étaient présentes pour dénoncer le silence imposé aux scientifiques depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

   "La censure est inacceptable, surtout dans le domaine de la science, a indiqué la porte-parole néo-démocrate en matière d'industrie, Hélène LeBlanc. Les contribuables canadiens paient pour les recherches effectuées par les scientifiques du gouvernement. Ces derniers devraient pouvoir débattre librement et publiquement de leurs conclusions."

   La porte-parole adjointe du NPD en matière d'environnement, Anne Minh Thu Quach, se disait inquiète des conséquences des compressions conservatrices dans les programmes d'Environnement Canada, de Pêches et Océans Canada et du Conseil national de recherches du Canada, entre autres. Elle a d'ailleurs rappelé que plus de 776 scientifiques avaient perdu leur poste à Environnement Canada.

   "La perte de ces emplois signifie que nous aurons désormais moins d'outils disponibles pour protéger notre environnement" a indiqué la députée de Beauharnois-Salaberry.