Lettre au ministre de l'Environnement concernant Parcs Canada

Monsieur le Ministre,

J’aimerais vous faire part de ma préoccupation concernant les compressions dans les programmes de Parcs Canada  ainsi que des hausses des droits proposés.

Les coupures de 29 millions de dollars à l’Agence Parcs Canada ont un impact sur les services aux citoyens. En effet, ces compressions budgétaires ont eu pour effet de réduire les heures d’ouverture. Ces compressions et l’élimination de plus de 600 postes font en sorte que des pistes de ski, de raquette et de randonnée ne sont plus entretenues. C’est le cas aux parcs nationaux de Riding Mountain, Prince Albert, Elk Island, Pointe Pelée et Forillon. Au parc national de Riding Mountain au Manitoba, les responsables de l’association Friends of the Riding Mountain National Park  m’informent qu’ils ont constaté une baisse de 40% du nombre de skieurs, randonneurs et visiteurs depuis la perte de certains services. Au parc national de  Kejimkujik en Nouvelle-Écosse, le parc est maintenant fermé en hiver et il n’est plus possible d’y avoir accès.  Dans certains cas, comme au Parc national Prince Albert ou au Parc national Forillon, ce sont maintenant des bénévoles qui s’occupent de l’entretien des pistes. Même s’il est important de valoriser le travail des bénévoles, il est déplorable que le Ministère se déleste de ses responsabilités et coupe dans les services à la population.

De plus, l’augmentation des frais d’entrée ne vient que restreindre encore davantage l’accès et la fréquentation des parcs nationaux pour les Canadiens. Ainsi, les citoyens devront payer plus cher mais obtiendront moins de services.  Rappelons que les parcs nationaux constituent un patrimoine naturel qui appartient à tous les Canadiens.

Les compressions effectuées dans les parcs ont aussi un effet désastreux sur la recherche scientifique effectuée dans le cadre des efforts de conservation.

L’augmentation des projets d’exploitation des ressources naturelles, les changements climatiques et l’urbanisation croissante exercent une pression énorme sur la nature et sa biodiversité. Dans ce contexte, la science joue un rôle fondamental et il est crucial de continuer à financer les recherches au sein de Parcs Canada et d’autres agences relevant de votre ministère.

Ces compressions et ces hausses de tarifs à Parcs Canada risquent d’avoir des conséquences sur le plan économique. Les parcs sont créateurs d’emplois et stimulent le tourisme. Une étude du Conseil canadien des parcs démontre que les 800 millions de dollars investis dans les parcs rapportent près de cinq milliards de dollars d’activité économique.

Je vous demande donc de rétablir les services et le financement dans les parcs et ne pas procéder à une hausse des droits d’entrée, afin de préserver l’accessibilité au public.

En espérant que vous porterez toute l’attention que cette situation mérite, je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, mes salutations les plus distinguées.

 

Anne Minh-Thu Quach, députée                                                              Beauharnois-Salaberry