Réduire les inégalités sociales en rétablissant le salaire minimum fédéral

Depuis quelques semaines, les députés sont de retour à la Chambre des communes, avec, en prime, un nouveau ton préélectoral à moins d’un an du scrutin de 2015. Favorisant une approche directe et axée sur la transparence, le NPD a commencé à dévoiler sa plate-forme électorale, mettant de l’avant certaines propositions audacieuses.

L’idée de dévoiler à l’avance nos propositions électorales a le mérite de permettre aux électeurs d’en débattre et d’en juger en prenant tout le temps nécessaire pour le faire, plutôt que de tout balancer 14 jours avant le scrutin final. Une des propositions qui gagnera à être débattue est celle de réinstaurer un salaire minimum fédéral.

Le NPD pense que le salaire minimum fédéral devrait être progressivement porté à 15$/heure pour aider les familles à joindre les deux bouts.

En 1996, le gouvernement libéral a éliminé le salaire minimum fédéral dans le cadre de son vaste programme de compressions. Vous ne le savez peut-être pas, mais à cause de ce geste et de plusieurs autres mauvaises décisions politiques, le taux d’inégalité a grimpé en flèche. En fait, au cours des 35 dernières années, 94% de l’augmentation des inégalités de revenus après impôts a eu lieu sous des gouvernements libéraux.

Il faut dire que le salaire minimum fédéral à l’époque était ridicule. La décision faisait en sorte que tous les employés dans des juridictions fédérales, comme les chemins de fer, l’industrie du transport, les banques, les organismes financiers, les télécommunications, la radiodiffusion, etc., allaient être soumis au salaire minimum de leur province respective, généralement plus généreux. Malheureusement, comme le démontre une récente étude de Statistique Canada, le salaire minimum en dollars constants a augmenté d’à peine un sou en moyenne entre 1975 et 2003.

Or, en 2006, la Commission sur l’examen des normes du travail fédérales a recommandé au gouvernement de rétablir le salaire minimum fédéral et de le fixer en fonction des seuils de faible revenu (SFR) établis par Statistique Canada. La Commission a proposé que le salaire minimum soit établi de manière à ce qu’une personne occupant un poste à temps plein ne vive pas sous le seuil de la pauvreté.

C’est exactement ce que le NPD entend faire. En établissant le salaire minimum fédéral à 15$/heure, nous espérons que cela encouragera les provinces à, elles aussi, augmenter leur propre salaire minimum afin de sortir les familles de la pauvreté. De solides données empiriques démontrent que l’augmentation du salaire minimum contribue à diminuer les inégalités de revenus de façon significative.

La droite répond que si on augmente le salaire minimum, les entreprises vont couper des emplois. Or, des données très fiables révèlent que de légères augmentations du salaire minimum ont généralement peu d’impact sur l’emploi. Une approche modérée et graduelle aidera les entreprises à planifier et à s’adapter à la situation.

Certains, comme Justin Trudeau, s’inquiètent de l’impact pour les finances publiques. Encore là, cet engagement aura peu d’effet sur les finances fédérales, puisque la plupart des employés gouvernementaux gagnent déjà un salaire supérieur au salaire minimum.

Le salaire minimum touche d’abord et avant tout des travailleurs du privé sous juridiction fédérale. Les entreprises de ces secteurs fédéraux sont généralement de taille considérable et bénéficient souvent de protections réglementaires; elles devraient donc être parfaitement en mesure de s’adapter à l’augmentation graduelle du salaire minimum.

Les néo-démocrates pensent qu’il faut agir pour édifier un Canada plus équitable. Ça commence par un salaire minimum fédéral à 15$. Embarquez-vous avec nous? Si oui, visitez notre site web pour joindre le mouvement.