Tournée jeunesse - la relève artistique

Ma tournée jeunesse a été lancée en novembre à Salaberry-de-Valleyfield sur le thème de la relève artistique et culturelle. Le présent texte est un résumé des consultations menées : ce sont les observations et les recommandations des jeunes.

Si vous souhaitez vous informer sur la tournée jeunesse ou donner votre opinion sur les besoins de la relève artistique et culturelle, n'hésitez pas à me contacter.

Anne Minh-Thu Quach

 

 

Le milieu artistique et culturel manque cruellement de diversité. La culture ne remplit plus son rôle de réflexion critique sur la société. La culture de masse en est la cause : la recherche de rentabilité prend le pas sur l’intérêt purement artistique. L’accès à la culture est inégal, notamment pour les personnes habitant en région ou issues de minorités.

Pour la relève artistique, le lancement est difficile. L’obstacle majeur est le manque de ressources financières. Les jeunes ont généralement des crédits à rembourser. Les rares subventions sont difficiles à obtenir : l’importance de la bureaucratie et les nombreux critères à remplir découragent les jeunes artistes. En l’absence de soutien familial, ils doivent donc se résoudre à occuper un emploi alimentaire pour subvenir à leurs besoins.

Les jeunes sont d’avis que le fédéral ne fait pas suffisamment la promotion des arts.  Il devrait jouer le rôle de diffuseur de l’Art et de la culture.  Il devrait valoriser le secteur artistique et culturel au même titre qu’il valorise le secteur industriel par exemple.  Le secteur des arts et de la culture contribue au développement économique, social et culturel, mais il est relégué au second plan par les gouvernements.

Plusieurs recommandations ont été faites lors de cette consultation :

  • Le gouvernement doit repenser sa façon d’agir dans la culture. Il doit rendre des comptes, en expliquant exactement combien il verse au milieu culturel et pour quoi ces sommes sont utilisées. L’argent devrait financer directement la création artistique, non pas alimenter le système déjà implanté qui ne favorise pas la liberté artistique. Le Canada doit également soutenir davantage son industrie culturelle en prenant exemple sur l’Europe qui supporte à 90 % son industrie culturelle par des subventions gouvernementales.
  • Pour favoriser la diversité et assurer un niveau de vie décent aux artistes, il faut faire la promotion de la culture afin de stimuler la demande en art. Plusieurs pistes sont proposées, par exemple lancer une campagne de sensibilisation sur l’importance de l’art ou diffuser des émissions consacrées à la culture. Certains suggèrent également que la loi sur la diffusion pourrait exiger plus de diversité.
  • La culture doit être valorisée dès l’enfance. Il faut mettre en place des partenariats entre les écoles et les artistes pour faire découvrir la culture et permettre aux petits de se projeter dans les métiers de l’art.
  •  Pour aider les jeunes artistes, il faut baisser le coût des études post-secondaires et rendre plus accessibles les subventions. Le mentorat est essentiel pour la relève artistique : les professionnels déjà implantés dans le milieu peuvent apporter  soutien, conseils et réseaux aux jeunes. Cela peut également passer par des stages, qu’il faut faciliter. Mettre en place des lieux de rencontres et réhabiliter le programme fédéral de résidence pour la relève permettrait de créer un réseau de jeunes artistes.

 

La consultation a aussi été l’occasion de parler de l’engagement politique des jeunes. La plupart des personnes présentes estimaient que la jeunesse ne pouvait être décrite comme apolitique, malgré un manque de participation électorale. Les enjeux de la nouvelle génération ne sont jamais d’actualité, car les politiciens n’y voient pas leur intérêt. Un cercle vicieux est mis en place : le gouvernement se désintéresse des jeunes, qui à leur tour se désintéressent de la politique. Les hommes et femmes politiques sont perçus comme individualistes, cyniques et perpétuellement dans l’attente. Les jeunes consultés ont l’impression que rien ne change et que les scandales s’enchaînent.

Les personnes présentes considèrent que les jeunes ont besoin de connaissances, d’encouragement, d’un regard critique et d’une capacité à rêver pour s’impliquer davantage. Il faut axer les efforts sur l’éducation à la citoyenneté et l’enseignement de la philosophie. Cela peut commencer dès l’enfance. Les enseignants doivent valoriser les idées. Il faut également permettre aux jeunes de rêver, par exemple en leur donnant l’opportunité de voyager. Les politiques portant sur la jeunesse doivent être faites par et pour les jeunes. Ils ont besoin d’être directement interpellés et de voir concrètement en quoi cela les affecte.