Tournée jeunesse - Le travail précaire

La deuxième rencontre de ma tournée jeunesse a eu lieu à Salaberry-de-Valleyfield. Les jeunes ont pu échanger sur le thème du travail précaire. Ce sont leurs observations et leurs recommandations que vous retrouverez dans ce texte.

Si vous souhaitez vous informer sur la tournée jeunesse ou donner votre opinion sur le travail précaire chez les jeunes, n'hésitez pas à me contacter.

Anne Minh-Thu Quach

 

Les personnes présentes ont toutes eu le même constat sur le marché du travail : celui-ci est contraignant et peu flexible, en particulier pour les jeunes. Le système actuel doit être repensé, en commençant par la rémunération du travail. Pour assurer un niveau de vie décent à tous les travailleurs, le salaire minimum devrait augmenter en conséquence du coût de la vie. Cela nécessitera une aide gouvernementale pour certains secteurs, notamment pour le milieu agricole. Le gouvernement devrait également considérer le revenu minimum garanti et des programmes d’avantages sociaux à annexer au salaire. De manière générale, il faudrait favoriser le dialogue entre employeurs et employés.

Un enjeu important pour les jeunes est la conciliation entre le travail, les études et la famille. Le marché du travail n’est pas adapté, un salaire ne permet pas de faire vivre une famille, les contacts entre employeur et salariés en dehors des heures de travail sont fréquents. La conciliation ne doit pas reposer sur la bonne volonté de l’employeur mais passer par une révision du Code canadien du travail. Les personnes présentes ont notamment proposé une réduction du nombre d’heures de travail sans perte de salaire, davantage de congés payés ou un allègement des tâches pour éviter l’épuisement professionnel lié à la conciliation travail-études-famille. Le gouvernement doit offrir des services adaptés aux parents, par exemple la possibilité de faire garder leurs enfants en fin de semaine ou la nuit.

Des changements doivent intervenir au niveau de l’enseignement post-secondaire. Le système actuel est pas bien adapté face aux exigences professionnelles. Les étudiants sont souvent peu informés sur les débouchés et doivent reprendre des formations spécialisées pour trouver un emploi. Avoir un diplôme peut aussi pénaliser les jeunes : un employeur va se montrer méfiant  face à une personne qu’il considère comme trop qualifié, pensant que le candidat va demander un salaire élevé ou vite chercher un autre emploi. De plus, certains diplômes ne sont pas reconnus dans les autres provinces, freinant la mobilité des jeunes. Pour permettre à tous de s’instruire, le gouvernement doit lutter contre le décrochage scolaire et baisser les frais de scolarité ou accorder davantage de bourses. Il ne faut pas oublier que l’enseignement sert à éduquer des citoyens, pas uniquement à former la main d’œuvre. Il serait donc intéressant de remettre en place l’éducation civique, les cours d’économie sociale ou l’éducation à la sexualité.

La jeunesse est découragée par les nombreux critères d’embauche et les discriminations linguistiques, sexistes ou raciales auxquelles elle peut faire face. Le manque d’expérience est un frein majeur à l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Les stages rémunérés ou l’attribution de subventions salariales pour les jeunes diplômés semblent constituer des solutions intéressantes pour pallier ce problème sans affecter les ressources financières des jeunes. Les employeurs doivent être encouragés à s’axer sur la formation continue et le mentorat. Une sanction des entreprises ne s’impliquant pas pour la relève a été envisagée.

Pour faire face à la précarité du travail, les personnes présentes ont proposé de revoir le Code du travail pour l’adapter à l’époque actuelle. Le gouvernement doit légiférer pour limiter le nombre de contrats courts ou à temps partiel subi qu’une entreprise peut imposer à un employé. Après plusieurs années, lorsque les besoins de l’employeur sont permanents et que le salarié a fait ses preuves, il n’est pas légitime de l’embaucher avec des contrats courts à répétition. Il faut sensibiliser les employeurs à l’enjeu de la précarité. Ils doivent être incités à offrir des emplois à temps plein et présentant des avantages sociaux. L’État devrait être un modèle dans ce domaine en arrêtant la sous-traitance.